Sécurité routière – Les mauvais conducteurs sont davantage sanctionnés… mais les bons toujours pas récompensés !

Les lecteurs de Moto-Net.Com – qui, comme chacun sait, ont plus de mémoire vive que les autres – se souviennent qu’à « l’occasion du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR), du 9 janvier 2018, le premier ministre annonçait 18 mesures fortes pour faire baisser la mortalité sur les routes« .

Effective dès le 1er juillet 2018, la mesure emblématique de ce CISR a fait pschiiiit en raison de son efficacité copieusement remise en question : les 80 km/h prônés par Édouard Philippe sont contestés dans de nombreux départements français.

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D’autres mesures entrent seulement maintenant en vigueur : lutte contre l’alcool au volant, meilleure protection des piétons – et des inspecteurs / examinateurs du permis ! -, simplification de l’accès à la conduite supervisée, etc. (voir la liste en fin d’article).

Cette fois, la mesure « phare » appliquée depuis le 22 mai (via le décret n°2020-605) est « la sanction plus lourde contre les automobilistes qui utilisent leur téléphone tout en conduisant« … mal ! La Sécurité routière estime en effet que le risque d’accident est multiplié par trois lorsqu’on passe un coup de fil (ça va couper chérie…) et par au moins 23 en lisant un sexto texto !

Nan, c’est toi qui raccroche…

Le législateur prévoit donc la « rétention du permis de conduire pour les conducteurs tenant un téléphone en main en commettant en même temps une autre infraction au code de la route en matière de règles de conduite des véhicules, de vitesse, de croisement, de dépassement, d’intersection et de priorités de passage« . Cette rétention pourra être suivie d’une suspension du permis de six mois maximum.

Mise en avant par les pouvoirs publics et largement relayée dans les médias généralistes, cette mesure n°13 du CISR de 2018 suffira-t-elle à éradiquer l’utilisation du « smartphone » en voiture ? Moto-Net.Com l’espère sincèrement… tout comme on compte sur l’application de mesures oubliées !

La mesure n°7 par exemple, a été mise en oeuvre mais seulement partiellement : pourquoi ne fait-elle pas le lien avec l’accidentalité et les recettes générées ? Ce serait pourtant très intéressant, d’un point de vue pédagogique…

Une « mesure forte » avait aussi été présentée par le premier ministre : celle de récompenser les conducteurs vertueux. Songeait-il à attribuer des points bonus sur le permis, comme c’est le cas en Espagne (jusqu’à 15 points sur 12) ou en Italie (30 sur 20) ? Des « bons points » qui pourraient parallèlement réduire le coût de l’assurance, par exemple ?

De même, le gouvernement ne pourrait-il pas généraliser les initiatives de quelques gendarmeries qui offrent des bons d’essence aux bons conducteurs ? Et qu’en est-il de la recommandation n°8 du CNSR de juillet 2019 : former aux gestes qui sauvent sur la route ? Les formations sont-elles suffisamment nombreuses et soutenues ?

Moto-Net.Com a fait part de ses interrogations aux responsables de la Sécurité routière au sein du ministère de l’intérieur. Réponses à suivre sur le Journal moto du Net : restez connectés et #RestezPrudents !

Les autres mesures entrées en vigueur le 22 mai 2020 :

  • Allongement de six mois à un an de la durée maximale d’obligation de ne conduire qu’un véhicule équipé d’un éthylotest antidémarrage (EAD) lorsque cette mesure est prononcée comme alternative à la suspension du permis de conduire.
  • Suppression de l’obligation de possession d’un éthylotest dans son véhicule et renforcement de l’obligation de la mise à disposition d’éthylotests dans les établissements de nuit. L’absence d’éthylotests ou de non-respect des consignes relatives à la mise à disposition d’éthylotests expose désormais à une contravention de quatrième classe (amende forfaitaire de 135 euros).
  • Accès simplifié à la conduite supervisée. En cas d’échec à l’épreuve de conduite, tout élève dispose d’un droit d’accès à la conduite supervisée sans délai ni formalité, exceptée celle d’obtenir l’accord de son assureur.
  • Meilleure protection des inspecteurs et examinateurs du permis de conduire. À la suite d’un dépôt de plainte pour agression physique ou verbale envers un inspecteur du permis de conduire ou un examinateur, un candidat au permis de conduire, peut se voir interdire de se présenter à l’examen par le préfet du département où l’infraction a été commise.

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